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LES MONUMENTS AUX MORTS
DU CANTON DE BOUZONVILLE.



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EN GUISE DE PREAMBULE !



Les auteurs de ces recherches sont Emile TRIDEMY et Gérard MAAS.
Je tiens à les féliciter d'une part pour ces recherches et d'autre part, à l'aide de mon modeste site,
je veux faire connaître leur travail pour inciter d'autres à en faire autant !


Il est vrai en effet que les monuments aux morts de nos villages représentent les derniers vestiges d'un passé douloureux qui perpétue le souvenir de millions de combattants morts, souvent dans des conditions atroces.
Force est de constater que bien peu de monde se presse autour des monuments lors des cérémonies commémoratives. De plus, les rangs des Anciens Combattants s'éclaircissent d'année en année.
Les monuments risquent d'être voués à l'oubli et le discours des morts aux vivants risque de devenir un discours de morts aux morts.

Combien de personnes interrogées dans nos villages ne savent même pas où se trouve leur monument ?

Combien de personnes interrogées sur les dates des commémorations n'en connaissent pas l'origine ?

Devant cette réalité, il y a une obligation qui s'impose : Tout faire pour que ce passé ne tombe pas dans l'oubli.
Nos monuments aux morts doivent non seulement nous rappeler au souvenir des disparus, mais doivent aussi nous rappeler leurs combats et leurs souffrances.
Plus particulièrement chez nous, en Alsace-Moselle, ce passé est doublement triste et douloureux car les jeunes hommes mobilisables furent contraints d'endosser l'uniforme allemand. Aux épreuves physiques et brimades qu'ils devaient endurer, s'ajoutaient les souffrances morales. D'autres furent déportés ou enrôlés pour le service de travail obligatoire.

C'est de tout cela dont on doit se souvenir !

Nous devons bien sûr rendre hommage aux victimes des guerres, civiles ou militaires, ainsi qu'aux anciens combattants pour leur sacrifice comme pour les souffrances qu'ils ont endurées.
Mais il faut également redonner un souffle à ces monuments aux morts afin que ces derniers puissent " parler " aux passants et pour qu'ils ne soient plus un simple monument de pierre auquel on ne prête plus attention !

En effet, sur la plupart des monuments aux morts de nos villages ne figurent que le nom et le prénom des victimes, sans aucune autre indication.
Il faudrait en dire davantage et mieux faire connaître nos chers combattants !

Pour mieux faire connaître nos chers combattants, les auteurs ont cherché leur date et leur lieu de naissance, leur date et leur lieu de décès et éventuellement les circonstances de leur mort.

Pourquoi ont-ils choisi le canton de Bouzonville ? Parce qu'ils y habitent tout simplement !
Dans ce canton, nous dénombrons environ 1020 victimes civiles et militaires des deux guerres mondiales, Algérie, Indochine et Théâtre des Opérations Extérieures (TOE).

Les recherches pour trouver ces renseignements n'ont pas été faciles. Quelques lacunes subsistent encore.

- Si effectivement on trouve des actes de décès de victimes dans les registres de la commune, certains noms ne figurent pas sur le monument aux morts parce qu'elles habitaient la commune que depuis peu de temps.

- A l'inverse, certains noms de victimes figurent sur le monument aux morts, mais il n'y a pas d'acte de naissance dans les registres de la commune. Cela tient du fait que ces personnes habitaient depuis longtemps dans la commune même si elles n'y étaient pas nées ! Et il n'y a pas d'acte de décès parce qu'elles sont décédées ailleurs.

- D'autres victimes sont nées dans la commune mais elles ont déménagé dès leur jeune âge, ce qui explique également l'absence de leur inscription sur le monument de leur village natal.

Ces monuments auxquels nous sommes habitués au point parfois de ne plus les voir, doivent être porteurs d'un même message de reconnaissance et de paix.
Charge à nous de le décrypter au travers de la localisation du monument, de sa forme, de ses inscriptions, de ses éléments iconographiques et de ses sculptures. Plusieurs études ont été faites à ce sujet. Voici ce que l'on a pu constater dans le canton de BOUZONVILLE :

- La localisation du monument :

Les monuments sont élevés sur la place publique, à proximité de la mairie ou à proximité de l'église voire même par une simple plaque commémorative dans le clocher ou dans l'église elle-même. On les trouve aussi dans le cimetière.

- La forme du monument :

S'il fallait définir le monument type ce ne serait pas, comme on le croit souvent, le poilu fièrement campé sur son socle, mais plus modestement le simple obélisque de pierre ou encore plus sobre, la plaque de marbre noire, grise rose ou blanche :
ALZING, ANZELING, St FRANÇOIS LA CROIX, TROMBORN, VILLING.

L'obélisque peut être surmonté, dans certains cas de la croix latine :
BOUZONVILLE, VAUDRECHING ou d'une croix de Lorraine : CHEMERY, EBERSVILLER.

Les croix de Lorraine sont souvent présentes :
HESTROFF, NEUNKIRCHEN, DALSTEIN.

On trouve quelques monuments avec la statue de Jeanne d'Arc :
BRETTNACH, FILSTROFF, FREISTROFF.

Deux grottes de Lourdes font office de monument aux morts :
DALEM, MENSKIRCH.

La croix avec le Christ est souvent présente comme à :
BERVILLER, BIBICHE, OBERDORF, REMERING, à CREUTZWALD avec les Saintes Femmes au pied de la croix et à HARGARTEN avec la descente de Jésus de la croix.

A GUERSTLING, un ancien calvaire fait office de monument aux morts, dans une niche se trouve la statue de saint Maurice, patron de la paroisse.

Le monument de COLMEN est surmonté d'une sculpture représentant un soldat blessé ou mourant avec un ange montrant la croix du Christ, au milieu se trouve une croix de Lorraine.

Celui de HENING a pour originalité de reproduire, en plus du nom des victimes, le nom des lieux de bataille.

- Les inscriptions qui figurent sur les diverses faces du monument.
Les plus courantes affichant un message se voulant pacifiste :

" La ville de --------- à ses enfants victimes des guerres "
" La Commune de ------- à ses enfants victimes des guerres "
" A la mémoire de nos morts des guerres "
" A la mémoire des enfants et victimes civiles de la commune de -------- morts pour la patrie pendant la guerre

Ou tout simplement :
" -------------- à ses enfants "

L'inscription principale est parfois plus sobre et se contente d'un laconique :
" A nos morts "

Parfois très précise :
" Mort pour la patrie à la brigade de ---------- dans la nuit du 23-24 juillet "

Une inscription affiche même un message ouvertement pacifiste :
" PAX "

A SCHWERDORFF on trouve une inscription tout en latin (même les prénoms des victimes)

Enfin, les noms des morts sont toujours gravés, le plus souvent par ordre alphabétique ou chronologique. Y figurent : le nom, le prénom, parfois juste les initiales du prénom mais aussi la date exacte du décès ou tout simplement l'année.
Parfois l'année de naissance et l'année du décès sont complètes.

A DALEM, il faut souligner les deux particularités suivantes :
- C'est le seul le village où nous avons trouvé le nom, le prénom et le grade de la victime.
- Le monument aux morts est composé de deux plaques. L'une dédiées aux victimes de la grande guerre et l'autre aux victimes de la guerre de 1939-1945. La particularité étant que la première est offerte, par la paroisse avec une croix chrétienne et l'autre par la commune du village avec comme iconographie le " V " de la victoire sous la croix de Lorraine.

Sur les monuments aux morts du canton de BOUZONVILLE, il n'y a pas de symbole iconographique guerrier ou symbole patriotiques tels que le drapeau flottant au vent ou en berne, le coq gaulois ou l'aigle allemand foulé aux pieds, la statue du poilu, une veuve éplorée ou autre gisant…
Sont courants par contre : La couronne, la fleur de laurier ou la palme.



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