NOMS & SURNOMS
Dans le village de DALEM

Auteur : Angélique Maas

Conversation téléphonique entre :
mon grand-père Gérard et son frère, Jean Marie !

Nous étions, mes parents, mes grands-parents de Dalem, ma sœur et moi, assis autour de la table dans le salon de ma grand-mère, lorsque la sonnerie du téléphone obligea mon grand-père à se lever pour répondre. Il a branché le haut parleur pour mieux entendre…

- Allo Gérard ? Salut, c'est Jean Marie ! Dit, le club du troisième âge organise un voyage en Alsace, samedi et dimanche prochain en bus…Vous venez avec nous ?
- Pourquoi pas… Qui d'autre est inscrit ?
- Eh bien, il y a la Bäwe, il y a le Meata Jeanlé, Le Reiha Ougene avec sa femme : La Anna et sa fille la Annachin, la Katrichin off da Linn, la Anna im Schloss, la Hellen Maïla, la Linchin sin Kettchin... Le Pitt's Joseph viendra bien sûr aussi… car nous visiterons probablement des caves de vin blanc…


Vous remarquerez que toute la discussion s'est faite, jusque là, en français. D'habitude c'est l'inverse, ils préfèrent parler leur langue maternelle, le "Platt".
Mais parler français, ne dure jamais bien longtemps. Dès que les choses se compliquent un peu, mon grand père et son frère s'expriment à nouveau en " Platt " afin d'être plus à l'aise…

- Ah j'oubliai : Le Schneider Peta vient aussi.
- Wea ??? de Wagner Peta ?
- Mä Nä… de Hoffmann Pierre ?
- Ha ! De Schneider Peta
- Ja ! Und em Mechel's Dick's Nicolas sin Gérard, der Jung Paysan, de kleinet sind auch dabei, und da Hèa kommt auch,
- Ach Gott ! Mann soll de chapelet nit vergessen !
- Le Housa Hansen Neckel und sin Margrett, le Bach Jeanlé et sa fille, la Muller Annie, de Marïïïchen kommt auch.
- La Marichin ?
- Né, Horch doch… De Marïïïchen
- Ah la Marïïïchen !
- Ja ! Und die ganze familié Bempels
- Jesses Maja Josef ! Die ganze famillié ?
- Ja !
- A bä Da je… Nous viendrons aussi.


Voilà, la discussion arrive à son terme, ils sont tombés d'accord, ils iront ensemble faire ce voyage…
La langue française leur revient tout aussi naturellement qu'elle avait disparu… à moins que des mots peu utilisés en français leur fassent faut bond…

- Za ! vous n'avez qu'à passer à la maison ce soir, Josi a préparé une bonne Schneppellschabohnensopp und hat Krompakeschelscha gekort ?
- Eh bien d'accord, Jeanine bringt de dessert : an Krimelfloss
- Gut ! Bis dann !
- Io Arwa !



QUE DIRE DE CETTE DISCUSSION ???


Si vous vous attendez à ce que je vous indique la recette de la " Schneppellschabohnensopp ", des " Krompakeschelscha " ou du " Krimelfloss ", vous serez déçu...

Ces pages ne font pas allusion au substantiel, mais malheureusement au temporel : aux choses qui passent...

Je voudrais en effet vous parler des noms de famille, ou plus exactement des appellations, ou des surnoms utilisés dans notre région et plus particulièrement celles ou ceux que j'ai pu recenser dans le village de mon grand père à Dalem.
Ces noms, utilisés encore de nos jours, font partie de notre patrimoine linguistique au même titre que les mots du vocabulaire ou les plats régionaux mais comme ces derniers ils ont tendance à disparaître.

Vous en avez eu un aperçu à travers cet appel téléphonique créé de toute pièce mais qui pourrait être réel s'il n'était pas exagéré.
Ces appellations existent probablement dans tous les villages de notre région et probablement dans toutes les régions de France. Aussi, comme elles tendent à disparaître, je veux vite en parler autour de moi ?
Ce sera ma modeste contribution pour la sauvegarde du patrimoine de mes aïeux.

Mon prénom est Angélique, mon nom de famille est MAAS, mon père, mon grand père, mon arrière grand père, s'appellent MAAS. Chacun d'entre nous a son patronyme ( savez-vous que les anglais appelle ça leur " SURNAME "…. Excusez moi de parler anglais dans un sujet qui traite de langue et culture régionale, mais ce mot ressemble tellement à notre " SURNOM " français qu'il faut le souligner. Il prouve en effet, s'il le fallait, que l'origine des noms de famille vient des surnoms de l'époque ).
Si l'analyse du prénom librement choisit par les parents est surtout une question de curiosité, le nom de famille transmis depuis des siècles offre un puissant intérêt psychologique et social. Je peux vous assurer qu'en entendant parler ainsi mon grand père au téléphone, la curiosité m'a piquée.

Mais pourquoi, certaines personnes du village de Dalem ont-elles des noms aussi " farfelus " ?

CELA A T-IL TOUJOURS ETE AINSI ?


Les noms romains qui avaient supplantés les noms gaulois étaient constitués au début d'un seul nom. Les romains finirent par changer cette coutume pour en utiliser trois : comme Caius Julius Cesar. Le " praenomen " était placé en 1ère. Position, suivi du " nomen " qui désignait la " gens " ou le clan et enfin le " cognomen " qui désignait la famille. Certains romains ajoutait un 4ème nom : " l'agnomen ", pour commémorer une action illustre.
Lorsque l'empire romain a commencé à décliner, les noms de famille sont devenus confus et l'usage du nom unique a refait surface dans les mœurs.

Avec et en raison des invasions des peuples barbares, la proportion des noms germaniques ne cesse d'augmenter. Notre onomastique est fortement influencée par ces apports germaniques. Ces noms reposent sur deux principes !
Le premier est la répétition : les parents donnent à un enfant le nom d'un ancêtre prestigieux.
Le deuxième principe est la combinaison. Les noms sont l'association de deux thèmes ou deux idées. Pour exemple, nous pouvons citer :
Sigebert association de victoire ( Sieg ) et brillance ( Berht ).
Siegfried association de victoire ( Sieg ) et paix ( Fried )
Thiébaud : association de peuple ( theud ) et audacieux ( bald )
Guillaume, Wilhelm association de volonté ( Wil ) et casque ( Helm )

Pendant l'époque franque, carolingienne et le début de l'époque capétienne, il n'y a donc qu'un seul nom, le nom de baptême : nom individuel, qui change d'une génération à l'autre.

Après l'an mil, le stock des noms se réduit et à partir du XIème. siècle, la répartition des noms engendre parfois des concentrations étonnantes. Au XIIème. siècle, Pierre et Guillaume désignent, chacun, 20% d'hommes.

Cette concentration était dû également à l'attrait pour quelques prénoms mis à la mode par les nobles ou souverains qui les portaient : exemple le prénom Louis mis à la mode par les rois de France.
L'inspiration pouvait venir également des romans de chevalerie de l'époque.
Il y eu, à partir du XIIème. siècle, l'inspiration des Saints : comme Pierre, Jean ou Etienne, car c'est à cette époque que l'église introduit l'idée d'user de " noms glorieusement chrétiens ".
A partir de là, le nom de baptême fut donc choisit parmi tout un éventail, quasiment aussi vaste que celui dans lequel on continue à le choisir aujourd'hui. Toutefois, chaque époque, comme aujourd'hui, avait déjà ses préférences et ses modes. Chaque région avait ses habitudes en références à ses grands martyres ou patrons, comme Saint Nicolas en Lorraine.

COMMENT, AUTREFOIS, NOMMAIT-ON UN ENFANT ?


Autrefois, les parents reprenaient le plus couramment et le plus simplement le prénom du parrain ou de la marraine, qui eux même avaient été prénommés de cette manière. Le premier enfant d'un couple avait en effet pour parrain et marraine son grand-père paternel et sa grand-mère maternelle (sauf si l'un ou l'autre était déjà décédé), le suivant prenait le prénom des autres grands-parents puis des oncles ou tantes.

Que les deux grands-pères et oncle se nomment tous les trois Jean, et voilà trois fils du même couple ainsi prénommés, quitte, dans la vie, à leur donner des surnoms. On pris l'habitude pour les différencier, d'utiliser des diminutifs : ainsi les Jeannot, Jeannet ou carrément un autre prénom. L'essentiel était de s'y retrouver. Un homme déclaré Jean à l'état civil pouvait très bien passer sa vie à se voir prénommer Louis ! Qui ne connaît pas de tel exemple ?

De la même façon, un père et trois de ses fils allaient être à leur tour grand-père et parrain d'autres petits-fils qui allaient recevoir son prénom. Ainsi certains prénoms sont plus spécifiquement propre à certaines branches familiales et peuvent faire parler de prénoms de famille.

De plus, ces familles étaient, contrairement à notre époque, composées d'une quantité importantes d'enfants.
En effet, des enfants… il y en avait. Les naissances étaient nombreuses à l'époque...les décès aussi.
La mère de Molière eu 6 maternités en six ans. Certains hommes eurent 19 enfants avec trois épouses différentes.
Le taux de mortalité infantile au XVIIème et XVIIIème siècle est de 25% avant 1 an, de 40% entre 1 et 4 ans. Autrement dit, à peine 50 % des naissances atteignent l'âge de 5 ans :
" il faut deux enfants pour faire un homme " dira Pierre GOUBERT, historien.

D'OU VIENT NOTRE NOM DE FAMILLE ?


A la fin du haut moyen âge, au lendemain des grandes croisades, on assiste en France et dans d'autres pays, à une véritable révolution urbaine. Les villes obtinrent leurs chartes les affranchissants de beaucoup d'obligations. Dans les villes sécurisées, le travail abonde, les ruraux quittent leur campagne pour s'y installer. C'est le temps des constructions de grandes cathédrales. On assiste à un phénomène migratoire interne. Pour se distinguer les uns des autres, spontanément, sans qu'aucune loi n'intervienne, ce " nom de baptême que chacun portait " s'est vu compléter ou remplacer par quelque chose d'autre, ou par quelque chose en plus…

NOUS POUVONS DONC DIRE :


Qu'au cœur du moyen âge, il y a près de mille ans, on a donné, ou ajouté spontanément un surnom individuel au nom initial de presque chaque individu.

Ces surnoms, selon les régions, se sont peu à peu fixés et n'ont pas tardé au siècle suivant à se transmettre héréditairement de père en fils à travers quelques actes importants de la vie.
Nos noms de familles étaient nés.Ce surnom individuel s'est transformé en un nom de famille.

DES SURNOMS SONT DONC CONSTITUES… ILS PUISENT DANS UN FOND COMMUN :


Les surnoms puisent dans un fond commun constitué de diminutifs :

C'est la manière probablement la plus utilisée, la plus simple, de distinguer 2 personnes l'une de l'autre. Les diminutifs sont utilisés partout et dans toutes les régions de France.
Jean donnera Jeannot, Jeanet.
Jacques donnera Jacquot.
Guillaume donnera Guillot, Guillon, Guillemet, Guillemin ou Guillet
Personnellement, je trouve que c'est dommage d'utiliser de tel artifice pour appeler un enfant ou une personne. Cela enlève toute la signification et la raison du prénom, bref le diminutif enlève l'âme du prénom. Eh oui, nos parents ont bien eu une raison de nous appeler Alain, Gérard, Jacqueline, Bernadette ou Angélique comme moi ! Eh oui, vous êtes-vous déjà posé ou avez vous déjà demandé à vos parents pourquoi ils avaient choisit votre prénom ?
En ce qui me concerne, en remontant notre arbre généalogique, mon père et ma mère se sont aperçus qu'ils avaient des parents communs au bout de 6 générations. La grand-mère commune s'appelait Angélique. Ce serait dommage que l'on m'attribue le raccourci d'Angi…).
Ma sœur s'appelle Orianne : pas courant n'est ce pas ? Ce prénom avait beaucoup plu à mes parents, car en remontant l'histoire du village de Dalem, une Orianne vivait en l'an 1500 à Dalem. Elle était l'épouse d'un grand seigneur du château du village.

Les surnoms puisent dans un fond commun constitué par les métiers :

Maréchal - Vigneron - Charpentier - Tavernier - Barbier ( l'équivalent de notre chirurgien ) - Marchand et Mercier sont les marchands ambulants, ( l'ancien colporteur ) - Lespicier descend du vendeur d'épices, Saulnier, l'ouvrier des mines de sel - Pelletier, celui du fourreur - Fournier, notre boulanger - Parmentier - Cosson, revendeur… )
Pour certains noms, il faut s'aider d'un dictionnaires de vieux français pour interpréter l'origine du nom.

Les surnoms puisent dans un fond commun constitué par l'outil le plus familier :

Marteau ou Boisseaux, par exemple : mais attention, ces objets (boisseau) souvent lourds ou volumineux pouvaient également désigner un individu gros ou gras, un homme violent ou fort : témoin, le surnom de martel donné à Charles à la bataille de Poitiers en 732.

Les surnoms puisent dans un fond commun constitué par le produit fabriqué :

Beaucoup de métiers ont disparu, les outils ayant considérablement évolué avec les techniques, il faut, pour les comprendre, avoir recours aux dictionnaires de vieux langages ou de dialectes. Il n'est pas rare de désigner des objets de manière différentes d'une région à l'autre, voire même d'un village à l'autre

On se sert également des lieux d'origine ou du lieu habité :

( Lebreton - Delille - Langlais - Lallement ou Dubois - Laplace - Dupont - Dumont…). De cette habitude, a fleurit ce que l'on peut appeler la fausse noblesse. Je veux parler des noms de famille agrémentés du fameux " de " signifiant tout simplement soit un lieu d'origine une ville de passage ou un lieu d'habitation : " Angélique de Dalem " ou " Angélique du Poncelet "… ronflant non ?

On se sert également des prénoms de personne :

Le prénom vient en général du père, comme par exemple Martin - Simon - François - Thomas… On dit souvent, à leur sujet, que de tels noms sont donnés aux enfants de l'assistance publique. C'est vrai, mais il ne faut pas généraliser. Dans la plus part des cas, nous sommes en face d'un manque total d'imagination des parents qui appellent alors leur enfant par le saint du jour de la naissance.
Cela peut être aussi le cas de la transmission du nom de baptême d'un aïeul à ses descendants. Jacques Mathieu, par exemple signifiait à l'origine " Jacques, fils de Mathieu ".
Ces cas de figure, me permettent de préciser une règle d'or à connaître et à respecter : " prénom " signifie " avant le nom ". Il n'y a que l'administration qui déroge à cette règle en classant les individus par ordre alphabétique des noms. Une nuance capitale pour différencier un Christian Bernard d'un Bernard Christian !
Lorsque le nom est au féminin comme Lamartine, il signifie alors fils de la Martine, peut-être était-elle veuve, ou simplement la femme du Martin ou peut-être en ces temps là certaines femmes " portaient déjà la culotte " et dirigeaient la maison en chef de famille

On se sert de la place occupée dans la société :

Laîné - Bourgeois - Lejeune - Cousin - Neveu…

On se sert également beaucoup de sobriquet :

En fonction de l'aspect physique : ( Lepetit - Lefort - Leblanc - Chauvet - Leborgne - Leroux… ). On ne se gène pas de faire des comparaisons avec des animaux : Leboeuf - Mouton.

Certains ont droits à des surnoms personnalisés :

Les Courtecuisse - Piedplat - Bourrique et autres Cocu ou Couillon…
Il faut se rendre à l'évidence : nos ancêtres ne mâchaient pas leur mot. Ils étaient amateurs de termes crus et sans indulgence pour les tares physiques et morales. Bref ils ne ménageaient pas la susceptibilité d'autrui.
Cela donne des configurations parfois drôles : il suffit qu'un Monsieur Leveuf se lancent dans les pompes Funèbres, qu'une Madame Piquée ouvre un magasin d'apicultrice ou que l'on célèbre le mariage de Mademoiselle Petit avec Monsieur Touba… cela ne s'invente pas !

Ce fond commun est utilisé dans toutes nos régions de France avec parfois quelques préférences. Ces exemples sont en tous les cas loin d'être exhaustifs. En effet, multiplier toutes ces possibilités par le nombre de dialectes ou les patois parlés loca et vous aurez peut-être une petite idée de l'assaisonnant que cela peut donner !

MAIS QUI A DESIGNE CES SURNOMS ?


Il est en effet important de préciser que ces surnoms sont nés sans qu'aucune loi ne les rende obligatoires, sans que personne n'en détermine l'orthographe. Ils ont été attribués par un individu et repris par d'autres. Ils ont été donnés spontanément et essentiellement par les voisins. Tout cela restant dans le domaine du parlé.
C'est pour cela que ces surnoms sont imprégnés de beaucoup d'esprit, de culture populaire et villageoise, et surtout de culture locale.

EN RESTE T-IL DES TRACES AUJOURD'HUI ?


Pour s'en convaincre et pour répondre à cette question, il faut revenir à l'échange téléphonique entre mon grand-père et son frère. On retrouve les différentes formes citées plus haut, mais également, et ceci est tout à fait remarquable, des particularités tout à fait spécifiques à notre région, à notre culture, et bien entendu à notre patois local que l'on appelle " le Platt… ".


Quelles sont les particularités ou habitudes locales rencontrées à Dalem et encore bien vivantes aujourd'hui ?


Cliquez sur l'image !


CONCLUSION :


Grâce à ce système : transmission du nom de père en fils et enregistrement des actes de naissance, mariage décès dans des registres d'état civil, nous pouvons aujourd'hui plonger dans les livres du passé et rechercher à travers notre patronyme, l'histoire de nos grands-parents. L'engouement pour la recherche généalogique, ainsi que toutes les sciences qui en découlent, permettent, à quelques variantes d'écritures prêt, de retrouver son nom dans les livres du temps. A moins qu'à l'origine, on se retrouve en face de quelques uns des surnoms de nos ancêtres…

Et me concernant, que ce serait-il passé s'il n'y avait pas eu d'état civil ?

Mon arrière grand-mère : SCHMIT Angélique habitait un ancien moulin à Dalem.
Elle épouse en 1924 un Mathias MAAS originaire de Merten, un village voisin.
Après leur mariage, ils habitent ensemble cet ancien moulin du village.
Du coup, mon arrière grand-père : Mathias MAAS, s'est vu attribuer le surnom de MILLEN Matz.
A noter : qu'il n'y avait pas de risque de confondre cette personne avec d'autres du village, mais pour plus d'aisance, pour plus de clarté ou de commodité pour tout le monde, " on " l'a surnommé le " MILLEN Matz ".
Bien sûr, son épouse, mon arrière grand-mère : SCHMIT Angélique, s'est vue attribuer le surnom de " MILLEN Anglick ".
Leur enfant : mon grand-père s'est vu attribuer le surnom de : " MILLEN Gérard " ou " MILLEN Anglick sin Gérard ".


Vous imaginez un peu qu'est ce qui ce serait passé s'il n'y avait pas eu les registres d'état civil pour réglementer tout ceci et arrêter cette propagation du nom MILLEN ?
Mon grand père surnommé MILLEN Gérard après s'être marié, aurait eu un enfant nommé MILLEN Alain… et mon père… aurait eu à son tour, comme descendance, une MILLEN Angélique…. MOI !

Autre aspect de l'hérédité du nom de famille.
En France, l'enfant reçoit le nom de famille de son père. C'est comme ça !
Depuis quand, pourquoi et en vertu de quelle loi…Eh bien depuis que le nom existe, mais en vertu d'aucune loi particulière.
Transmission héréditaire certes, mais aucun texte ne dit clairement quel nom reçoit l'enfant, entre celui de son père ou de sa mère.
Omission, vide juridique ?
Pas vraiment ! En fait, en s'abstenant ainsi de se prononcer, le législateur a laissé la question régie par la coutume non écrite et donc bien difficile à reformer.
Mais aujourd'hui le couple peut choisir de donner à son enfant l'un ou l'autre voir les deux patronymes. je plains les futurs généalogistes !!!


En tout état de cause, et en guise de conclusion, que l'on m'attribue le nom de mon père ou de celui de ma mère, que l'on m'attribue un surnom aussi charmant soit-il, qu'on me laisse le plaisir de porter un prénom et un nom de famille qui a un sens et sur lequel je puisse un jour m'appuyer, me retourner pour retrouver vigueur et énergie.


- Lorsqu'on est bébé, on nous appelle "bébé"...
- Lorsqu'on est un petit peu plus grand, papa et maman nous appellent "mon petit", ou "ma petite"
- A l'école, on nous affuble d'un surnom : "Angi"
- Vers 17 ou 18 ans, lorsqu'on est fiancé(e), on nous appelle : "ma chérie", ou "ma puce" ou "mon amour" quand ce n'est pas "ma biche" ou "mon trésor".
- Et puis arrive le premier enfant puis le second et l'on nous appelle : "papa" et "maman"
- Plus tard, une génération vient se greffer à la famille et on nous appelle : "pépé", "mémé" ou "papi", "mami"
- Et puis soudain on est "le vieux" ou "la vieille"...
- Et lorsqu'on meurt, lorsqu'on a plus rien ; c'est là que parfois on se souvient de notre prénom !!!
...Pour le graver dans le marbre...



Utilisez donc les prénoms corectement et sans diminutif !
MERCI !








Retour au sommaire pour consulter les différents chapitres de l'histoire de ce beau petit village de DALEM